QUATRE-VINGT QUINZE POURCENT


Fa                       Sol             Do Lam Rém                   Mi               Lam
La femme qui possède tout en elle, Pour donner le goût des fêtes charnelles
Rém                   Mi                  Lam                           Si7                                             Mi
La femme qui suscite en nous tant de passions brutales, La femme est avant tout sentimentale
Fa                             Sol             Do Lam Rém                         Mi               Lam
Main dans la main les longues promenades, Les fleurs les billets doux les sérénades
Rém                   Mi                  Lam                                    Si7        Mi       Lam
Les crimes les folies que pour ses beaux yeux l'on commêt, La transporte mais...

Refrain :
Do                     Sol7                  Do                    Mi
Quatre-vingt-quinze fois sur cent, La femme s'emmerde en baisant
Lam                 Mi                   Lam
Qu'elle le taise ou le confesse, C'est pas tout les jours qu'on lui déride les fesses
Do                     Sol7               Do                Mi
Les pauvre bougres convaincus, Du contraire sont des cocus
Fa                Sol7            Do    Lam               Rém Sol7   La7
À l'heure de l'œuvre de chaire, Elle est souvent triste Peuchère
Fa                  Sol7             Do           Lam               Rém Sol7   Do
S'il n'entend le cœur qui bat, Le corps non-plus ne bronche pas.

Sauf quand elle aime un homme avec tendresse, Toujours sensible alors à ses caresses
Toujours bien disposée, toujours encline à s'émouvoir, Elle s'emmerde sans s'en apercevoir.
Ou quand elle a des besoins tyranniques, Qu'elle souffre de nymphomanie chronique
C'est elle qui fait alors passer à ses adorateurs, De fichus quart d'heure.

Refrain

Les « encore », les « c'est bon », les « continue », Qu'elle crie pour simuler qu'elle monte aux nues
C'est pure charité les soupirs des anges ne sont, En vérité que de pieux mensonges
C'est à seule fin que son partenaire, Se croit un amant extraordinaire
Que le coq imbécile et prétentieux perché dessus, Ne soit pas déçu.

Refrain

J'entends aller bon train les commentaires, De ceux qui font des châteaux à Cythère :
C'est parce que tu n'es qu'un malhabile, un maladroit, Qu'elle conserve toujours son sang froid
Peut-être mais si les assauts vous pèsent, De ces petits m'as-tu-vu quand je baise
Mesdames en vous laissant manger le plaisir sur le dos, Chantez in petto...

Refrain

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L'ANTÉCHRIST


Do                                     Sol7            Do
Je ne suis pas du tout, l'antéchrist de service,
      Lam                               Mi7        Lam
J'ai même pour Jésus et pour son sacrifice
      Fa               Do          Si7           Mi
Un brin d'admiration, soit dit sans ironie,
       La               Mi        La       Mi
Car cela ne doit pas être une sinécure,
         Fa                Do             Mi7   La7
Non, que de se laisser cracher à la figure
      Fa  Fa#dim  Do          Mi7 Lam Sol7
Par la canaille et la racaille réunies.

Bien sûr il est normal que la foule révère
Ce héros qui jadis parti pour aller faire
L'alpiniste avant l'heure, en haut du Golgotha,
En portant sur l'épaule une croix accablante,
En méprisant l'insulte et le remonte pente,
Et sans aucun bravo qui le réconfortât !

Bien sûr autour du front la couronne d'épines,
L'éponge trempée dans Dieu sait quelle bibine,
Et les clous enfoncés, dans les pieds et les mains,
C'est très inconfortable et ça vous tarabuste,
Même si l'on est brave et si l'on est robuste,
Et si le paradis est au bout du chemin.

Bien sûr, mais il devait défendre son prestige,
Car il était le fils du ciel, l'enfant prodige,
Il était le Messie et ne l'ignorait pas.
Entre son père et lui, c'était l'accord tacite :
Tu montes sur la croix et je te ressuscite !
On meurt de confiance avec un tel papa.

Il a donné sa vie sans doute mais son zèle
Avait une portée quasi universelle
Qui rendait le supplice un peu moins douloureux.
Il savait que dans chaque église, il serait tête
D'affiche et qu'il aurait son portrait en vedette,
Entouré des élus, des saints, des bienheureux.

En se sacrifiant il sauvait tous les hommes.
Du moins le croyait-il ! Au point où nous en sommes,
On peut considérer qu'il s'est fichu dedans.
Le jeu si j'ose dire, en valait la chandelle.
Bon nombre de chrétiens et même d'infidèles,
Pour un but aussi noble en auraient fait autant

(Cela dit je ne suis pas l'Antéchrist de service)

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LA BALLADE DES CIMETIÈRES


La5+ : 003220

Lam                     Fa         Mi      Lam                    Sol7 Do Mi7
J'ai des tombeaux en abondance, Des sépultures à discrétion,
Lam                               Fa         Mi      Lam
Dans tout cim'tière d'quelque importance, J'ai ma petite concession.
Lam                     Fa          Mi  Lam                        Sol7 Do Mi7
De l'humble tertre au mausolée, Avec toujours quelqu'un dedans,
Lam                           Fa         Mi   Lam
J'ai des p'tites bosses plein les allées, Et je suis triste, cependant...
La                Fa#7 Sim       Mi7   La         Fa#7 Sim Mi7
Car je n'en ai pas, et ça m'agace, Et ça défrise mon blason,
La      Fa#7 Sim            Mi7      La             La5+          Ré      Lam          Mi7          Lam
Au cimetière du Montparnasse, A quatre pas de ma maison, A quatre pas de ma maison.

J'en possède au Père-Lachaise, A Bagneux, à Thiais, à Pantin,
Et jusque, ne vous en déplaise, Au fond du cimetière marin,
A la ville comme à la campagne, Partout où l'on peut faire un trou,
J'ai même des tombeaux en Espagne, Qu'on me jalouse peu ou prou...
Mais j'n'en ai pas la moindre trace, Le plus humble petit soupçon,
Au cimetière du Montparnasse, A quatre pas de ma maison, A quatre pas de ma maison.

Le jour des morts, je cours, le vole, Je vais infatigablement,
De nécropole en nécropole, De pierre tombale en monument.
On m'entrevoit sous une couronne, D'immortelles à Champerret,
Un peu plus tard, c'est à Charonne, Qu'on m'aperçoit sous un cyprès...
Mais, seul, un fourbe aura l'audace, De dire : « J'l'ai vu à l'horizon,
Du cimetière du Montparnasse, A quatre pas de sa maison, A quatre pas de sa maison ».

Devant l'château d'ma grand-tante, La marquise de Carabas,
Ma sainte famille languit d'attente : Mourra-t-elle, mourra-t-elle pas ?
L'un veut son or, l'autre ses meubles, Qui ses bijoux, qui ses bib'lots,
Qui ses forêts, qui ses immeubles, Qui ses tapis, qui ses tableaux...
Moi je n'implore qu'une grâce, C'est qu'elle passe la morte-saison
Au cimetière du Montparnasse, A quatre pas de ma maison, A quatre pas de ma maison.

Ainsi chantait, la mort dans l'âme, Un jeune homme de bonne tenue,
En train de ranimer la flamme, Du soldat qui lui était connu,
Or, il advint qu'le ciel eut marre de, L'entendre parler de ses caveaux.
Et Dieu fit signe à la camarde, De l'expédier rue Froidevaux...
Mais les croque-morts, qui étaient de Chartres, Funeste erreur de livraison,
Menèrent sa dépouille à Montmartre, De l'autre côté de sa maison, De l'autre côté de sa maison.

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LE PORNOGRAPHE


Lam                                          Si7                    Mi7
Autrefois, quand j'étais marmot, J'avais la phobie des gros mots
Do                                            Mi7
Et si j'pensais « merde » tout bas, Je ne le disais pas
Lam                                            Si7                                Mi7
Mais, aujourd'hui que mon gagne-pain, C'est d'parler comme un turlupin
 Do                                      Mi7               Lam
Je n'pense plus « merde », pardi, Mais je le dis

Rém              Lam  Si7 Mi7 Lam
J'suis l'pornographe, Du phonographe
Rém Sol7 Do Mi7 Lam
Le polisson, De la chanson

Afin d'amuser la gal'rie, Je crache des gauloiseries
Des pleines bouches de mots crus, Tout à fait incongrus
Mais, en m'retrouvant seul sous mon toit, Dans ma psyché j'me montre au doigt
Et m'crie: « Va t'faire, homme incorrect, Voir par les Grecs »

au refrain

Tous les sam'dis j'vais à confesse, M'accuser d'avoir parlé d'fesses
Et j'promets ferme au marabout, De les mettre tabou
Mais, craignant, si je n'en parle plus, D'finir à l'Armée du Salut
Je r'mets bientôt sur le tapis, Les fesses impies

au refrain

Ma femme est, soit dit en passant, D'un naturel concupiscent
Qui l'incite à se coucher nue, Sous le premier venu
Mais, m'est-il permis, soyons sincères, D'en parler au café-concert
Sans dire qu'elle a, suraigu, Le feu au cul ?

au refrain

J'aurais sans doute du bonheur, Et peut-être la Croix d'Honneur
A chanter avec décorum, L'amour qui mène à Rome
Mais, mon ange m'a dit : « Turlututu, Chanter l'amour t'est défendu
S'il n'éclôt pas sur le destin, D'une putain »

au refrain

Et quand j'entonne, guilleret, A un patron de cabaret
Une adorable bucolique, Il est mélancolique
Et, me dit, la voix noyée de pleurs : « S'il vous plaît de chanter les fleurs
Qu'elles poussent au moins rue Blondel, Dans un bordel »

au refrain

Chaque soir avant le dîner, A mon balcon mettant le nez
Je contemple les bonnes gens, Dans le soleil couchant
Mais, n'me d'mandez pas d'chanter ça, si, Vous redoutez d'entendre ici
Que j'aime à voir, de mon balcon, Passer les cons

au refrain

Les bonnes âmes d'ici bas, Comptent ferme qu'à mon trépas
Satan va venir embrocher, Ce mort mal embouché
Mais, mais veuille le grand manitou, Pour qui le mot n'est rien du tout
Admettre en sa Jérusalem, A l'heure blême

Le pornographe, Du phonographe
Le polisson, De la chanson

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LE VIEUX LÉON


                    Sim                         Sol     La7            Ré
Y'a tout à l'heure, Quinze ans d'malheur, Mon vieux Léon
Lam            Si7 Mim  Sim        Sol       Do#7   Fa#
Que tu es parti, Au paradis, D'l'accordéon
                Sim                  Sol        La7    Ré
Parti bon train, Voir si l'bastrin- gue et la java
Lam          Si7 Mim     Sim Fa#7        Sim
Avaient gardé, Droit de cité, Chez Jéhovah
Fa#7             Sim  La7                 Ré Si7          Mim
Quinze ans bientôt Qu'musique au dos, Tu t'en allais
La7         Ré Sol       Do                 Fa#7
Mener le bal, A l'amicale, Des feux follets
           Sim La7             Ré  Si7              Mim
En cet asile, Par sainte Cécile, Pardonne-nous
La7           Ré Sol         Do Fa#7        Sim
De n'avoir pas, Su faire cas, De ton biniou

                 Sim                    Sol     La7            Ré
C'est une erreur, Mais les joueurs, D'accordéon
Lam            Si7 Mim  Sim        Sol       Do#7   Fa#
Au grand jamais, On ne les met, Au Panthéon
                      Sim                  Sol        La7    Ré
Mon vieux, tu as dû, T'contenter du, Champ de navets
Lam                  Si7        Mim     Sim Fa#7        Sim
Sans grandes pom-pes et sans pompons, Et sans ave
Fa#7             Sim  La7         Ré Si7          Mim
Mais les copains, Suivaient l'sapin, Le cœur serré
La7         Ré Sol       Do                 Fa#7
En rigolant, Pour faire semblant, De n'pas pleurer
                        Sim La7        Ré  Si7              Mim
Et dans nos cœurs, Pauvre joueur, D'accordéon
La7        Ré Sol                       Do Fa#7        Sim
Il fait ma foi, Beaucoup moins froid, Qu'au Panthéon

                    Sim                         Sol     La7            Ré
Depuis mon vieux, Qu'au fond des cieux, Tu as fait ton trou
Lam  Si7 Mim             Sim   Sol       Do#7   Fa#
Il a coulé, De l'eau sous les, Ponts de chez nous
                Sim                     Sol        La7    Ré
Les bons enfants, D'la rue de Van-ves à la Gaîté
Lam                  Si7 Mim          Sim Fa#7        Sim
L'un comme l'au-tre au gré des flots, Furent emportés
Fa#7             Sim  La7       Ré Si7          Mim
Mais aucun d'eux, N'a fait fi de, Son temps jadis
La7              Ré Sol       Do                 Fa#7
Tous sont restés, Du parti des, Myosotis
                     Sim La7             Ré  Si7              Mim
Tous ces pierrots, Ont le cœur gros, Mon vieux Léon
La7           Ré Sol         Do Fa#7        Sim
En entendant, Le moindre chant, D'accordéon

                    Sim                Sol     La7            Ré
Quel temps fait-il, Chez les gentils, De l'au-delà
Lam        Si7 Mim       Sim     Sol       Do#7   Fa#
Les musiciens, Ont-ils enfin, Trouvé le la
                Sim                  Sol    La7          Ré
Et le p'tit bleu, Est-c'que ça n'le, Rend pas meilleur
Lam      Si7 Mim         Sim Fa#7        Sim
D'être servi, Au sein des vi-gnes du Seigneur
Fa#7             Sim  La7                 Ré Si7          Mim
Si d'temps en temps, Une dame d'antan, S'laisse embrasser
La7           Ré Sol                    Do              Fa#7
Sûr'ment papa, Que tu regrettes pas, D'être passé
                 Sim La7                Ré  Si7              Mim
Et si l'bon Dieu, Aime tant soit peu, L'accordéon
La7           Ré Sol         Do         Fa#7        Sim
Au firmament, Tu t'plais sûr'ment, Mon vieux Léon

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LA FILE INDIENNE


Sol(barre)
Un chien caniche à l'œil coquin, Qui venait de chez son béguin,
                                              Lam
Tortillant de la croupe et claquetant de la. semelle,
   Ré
Descendait, en s'poussant du col, Le boul'vard de Sébastopol,
                                                   Sol
Tortillant de la croupe et redoublant le pas.

Une midinette en repos, Se plut à suivre le cabot,
Tortillant de la croupe et claquetant de la semelle,
Sans voir que son corps magnétique, Entraînait un jeune loustic,
Tortillant de la croupe et redoublant le pas.

Or, l'amante de celui-ci, Jalouse le suivait aussi,
Tortillant de la croupe et claquetant de la semelle,
Et l'vieux mari de celle-là, Le talonnait de ses pieds plats,
Tortillant de la croupe et redoublant le pas.

Un dur balafré courait sus Au vieux qu'il prenait pour Crésus,
Tortillant de la croupe et claquetant de la semelle,
Et derrière le dur balafré, Marchait un flic à pas feutrés,
Tortillant de la croupe et redoublant le pas.

Et tous, cabot, trottin, loustic, Épouse, époux, et dur et flic,
Tortillant de la croupe et claquetant de la semelle,
Descendaient à la queue leu leu, Le long boul'vard si populeux,
Tortillant de la croupe et redoublant le pas.

Voilà que l'animal, soudain, Profane les pieds du trottin,
Tortillant de la croupe et claquetant de la semelle,
Furieuse elle flanque avec ferveur, Une paire de gifles à son suiveur,
Tortillant de la croupe et redoublant le pas.

Celui-ci la tête à l'envers Voit la jalouse l'œil grand ouvert,
Tortillant de la croupe et claquetant de la semelle,
Et l'abreuve d'injures bien senties, Que j'vous dirai à la sortie,
Tortillant de la croupe et redoublant le pas.

Derrière arrivait le mari, Ce fut à lui qu'elle s'en prit,
Tortillant de la croupe et claquetant de la semelle,
En le traitant d'une voix aiguë, De tambour-major des cocus.
Tortillant de la croupe et redoublant le pas.

Le mari rebroussant chemin, Voit le dur et lui dit « gamin »,
Tortillant de la croupe et claquetant de la semelle,
« C'est trop tard pour me détrousser, Ma femme vous a devancé »,
Tortillant de la croupe et redoublant le pas.

Le dur vexé de faire chou blanc, Dégaine un couteau rutilant,
Tortillant de la croupe et claquetant de la semelle,
Qu'il plante à la joie du public, A travers la carcasse du flic,
Tortillant de la croupe et redoublant le pas.

Et tous, bandit, couple, loustic, Trottin, cabot, tous, moins le flic,
Tortillant de la croupe et claquetant de la semelle,
Suivirent à la queue leu leu, L'enterrement du flic parbleu,
Tortillant de la croupe et redoublant le pas. (bis)

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LE BISTROT


Rém                        Do                     Sib        La7
Dans un coin pourri, Du pauvre Paris, Sur une place,
Rém                        Do                      Sib   La7  Rém
L'est un vieux bistrot, Tenu pas un gros, Dégueulasse.

Si t'as le bec fin, S'il te faut du vin, D'première classe,
Va boire à Passy, Le nectar d'ici, Te dépasse.

Mais si t'as l'gosier, Qu'une armure d'acier, Matelasse,
Goûte à ce velours, Ce petit bleu lourd, De menaces.

Tu trouveras là, La fine fleur de la, Populace,
Tous les marmiteux, Les calamiteux, De la place.

Qui viennent en rang, Comme les harengs, Voir en face
La belle du bistrot, La femme à ce gros, Dégueulasse.

Que je boive à fond, L'eau de toutes les fon- Taines Wallace,
Si, dès aujourd'hui, Tu n'es pas séduit, Par la grâce.

De cette jolie fée, Qui, d'un bouge, a fait, Un palace.
Avec ses appas, Du haut jusqu'en bas, Bien en place.

Ces trésors exquis, Qui les embrasse, qui, Les enlace ?
Vraiment, c'en est trop ! Tout ça pour ce gros, Dégueulasse !

C'est injuste et fou, Mais que voulez-vous, Qu'on y fasse ?
L'amour se fait vieux, Il a plus les yeux, Bien en face.

Si tu fais ta cour, Tâche que tes discours, Ne l'agacent.
Sois poli, mon gars, Pas de geste ou ga- re à la casse.

Car sa main qui claque, Punit d'un flic-flac, Les audaces.
Certes, il n'est pas né, Qui mettra le nez, Dans sa tasse.

Pas né, le chanceux, Qui dégèl'ra ce, Bloc de glace.
Qui fera dans l'dos, Des cornes à ce gros, Dégueulasse.

Dans un coin pourri, Du pauvre Paris, Sur une place,
Une espèce de fée, D'un vieux bouge, a fait, Un palace.

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LE BULLETIN DE SANTÉ


La                                                              Do#  Ré                                          Do#
J'ai perdu mes bajoues,  j'ai perdu ma bedaine, Et, ce, d'une façon si nette, si soudaine,
         Fa#m                           Ré                        Si7                   Mi7                     La
Qu'on me suppose un mal qui ne pardonne pas, Qui se rit d'Esculape et le laisse baba.

Le monstre du Loch Ness ne faisant plus recette, Durant les moments creux dans certaines gazettes,
Systématiquement, les nécrologues jouent, À me mettre au linceul sous des feuilles de chou.

Or, lassé de servir de tête de massacre, Des contes à mourir debout qu'on me consacre,
Moi qui me porte bien, qui respire la santé, Je m'avance et je crie toute la vérité.

Toute la vérité, messieurs, je vous la livre, Si j'ai quitté les rangs des plus de deux cents livres,
C'est la faute à Mimi, à Lisette, à Ninon, Et bien d'autres, j'ai pas la mémoire des noms.

Si j'ai trahi les gros, les joufflus, les obèses, C'est que je baise, que je baise, que je baise
Comme un bouc, un bélier, une bête, une brute, Je suis hanté : le rut, le rut, le rut, le rut !

Qu'on me comprenne bien, j'ai l'âme du satyre, Et son comportement, mais ça ne veut point dire
Que j'en aie le talent, le génie, loin s'en faut ! Pas une seule encore ne m'a crié « bravo ! »

Entre autres fines fleurs, je compte, sur ma liste, Rose, un bon nombre de femmes de journalistes
Qui, me pensant fichu, mettent toute leur foi, A m'donner du bonheur une dernière fois.

C'est beau, c'est généreux, c'est grand, c'est magnifique ! Et, dans les positions les plus pornographiques,
Je leur rends les honneurs à fesses rabattues, Sur des tas de bouillons, des paquets d'invendus.

Et voilà ce qui fait que, quand vos légitimes, Montrent leurs fesses au peuple ainsi qu'à vos intimes,
On peut souvent y lire, imprimés à l'envers, Les échos, les petits potins, les faits divers.

Et si vous entendez sourdre, à travers les plinthes, Du boudoir de ces dames, des râles et des plaintes,
Ne dites pas : « C'est tonton Georges qui expire », Ce sont tout simplement les anges qui soupirent.

Et si vous entendez crier comme en quatorze : « Debout ! Debout les morts ! » ne bombez pas le torse,
C'est l'épouse exaltée d'un rédacteur en chef, Qui m'incite à monter à l'assaut derechef.

Certes, il m'arrive bien, revers de la médaille, De laisser quelquefois des plumes à la bataille...
Hippocrate dit : « Oui, c'est des crêtes de coq », Et Gallien répond « Non, c'est des gonocoques... »

Tous les deux ont raison. Vénus parfois vous donne, De méchants coups de pied qu'un bon chrétien pardonne,
Car, s'ils causent du tort aux attributs virils, Ils mettent rarement l'existence en péril.

Eh bien, oui, j'ai tout ça, rançon de mes fredaines. La barque pour Cythère est mise en quarantaine.
Mais je n'ai pas encor, non, non, non, trois fois non, Ce mal mystérieux dont on cache le nom.

Si j'ai trahi les gros, les joufflus, les obèses, C'est que je baise, que je baise, que je baise
Comme un bouc, un bélier, une bête, une brute, Je suis hanté : le rut, le rut, le rut, le rut !

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CELUI QUI A MAL TOURNÉ


Lam               Sol               Do Mi Lam       Fa7         Si7             Mi7
Il y avait des temps et des temps, Qu'je n'm'étais pas servi d'mes dents
Lam                          Sol                Do              Lam           Fa7 Si7 Lam
Qu'je n'mettais plus d'vin dans mon eau, Ni de charbon dans mon fourneau
                   Sol7           Do  Lam                   Si7         Mi7
Les croque-morts, silencieux, Me dévoraient déjà des yeux
Lam        Ré7         Sol7     Do         Lam            Fa7 Mi7 Lam
Ma dernière heure allait sonner, C'est alors que j'ai mal tourné

Lam               Sol               Do Mi Lam       Fa7         Si7             Mi7
N'y allant pas par quatre chemins, J'estourbis en un tournemain
Lam                          Sol                Do              Lam           Fa7 Si7 Lam
En un coup de bûche excessif, Un noctambule en or massif
                   Sol7           Do  Lam                   Si7         Mi7
Les chats fourrés, quand ils l'ont su, M'ont posé la patte dessus
Lam        Ré7         Sol7     Do         Lam            Fa7 Mi7 Lam
Pour m'envoyer à la Santé, Me refaire une honnêteté

Lam               Sol               Do Mi Lam       Fa7         Si7             Mi7
Machin, Chose, Un tel, Une telle, Tous ceux du commun des mortels
Lam                          Sol                Do              Lam           Fa7 Si7 Lam
Furent d'avis que j'aurais dû, En bonne justice être pendu
                   Sol7           Do  Lam                   Si7         Mi7
A la lanterne et sur-le-champ, Y s'voyaient déjà partageant
Lam        Ré7         Sol7     Do         Lam            Fa7 Mi7 Lam
Ma corde, en tout bien tout honneur, En guise de porte-bonheur

Lam               Sol               Do Mi Lam       Fa7         Si7             Mi7
Au bout d'un siècle, on m'a jeté, A la porte de la Santé
Lam                          Sol                Do              Lam           Fa7 Si7 Lam
Comme je suis sentimental, Je retourne au quartier natal
                   Sol7           Do  Lam                   Si7         Mi7
Baissant le nez, rasant les murs, Mal à l'aise sur mes fémurs
Lam        Ré7         Sol7     Do         Lam            Fa7 Mi7 Lam
M'attendant à voir les humains, Se détourner de mon chemin

Lam               Sol               Do Mi Lam       Fa7         Si7             Mi7
Y'en a un qui m'a dit: « Salut ! Te revoir, on n'y comptait plus »
Lam                          Sol                Do              Lam           Fa7 Si7 Lam
Y'en a un qui m'a demandé, Des nouvelles de ma santé
                   Sol7           Do  Lam                   Si7         Mi7
Lors, j'ai vu qu'il restait encor, Du monde et du beau monde sur terre
Lam        Ré7         Sol7     Do         Lam            Fa7 Mi7 Lam
Et j'ai pleuré, le cul par terre, Toutes les larmes de mon corps

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CEUX QUI NE PENSENT PAS COMME NOUS


Do            La7              Rém        La7          Rém                 La7           Rém           La7     Rém
Quand on n'est pas d'accord avec le fort en thème, Qui, chez les sorbonnards, fit ses humanités,
            Ré7                                                      Fa                       Do            Sol7   Do
On murmure in petto : « C'est un vrai Nicodème, Un balourd, un bélître, un bel âne bâté. »
Moi qui pris mes leçons chez l'engeance argotique, Je dis en l'occurrence, excusez le jargon,
Si la forme a changé le fond reste identique : « Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

Refrain :
                  La7                                              Ré
Entre nous soit dit, bonnes gens, Pour reconnaître
                      Ré7                              Sol7 Do
Que l'on n'est pas intelligent, Il faudrait l'être.
Entre nous soit dit, bonnes gens, Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent, Il faudrait l'être.

Jouant les ingénus, le père de Candide, Le génial Voltaire, en substance écrivit
Qu'il souffrait volontiers - complaisance splendide - Que l'on ne se conformât point à son avis.
« Vous proférez, Monsieur, des sottises énormes, Mais jusques à la mort, je me battrais pour qu'on
Vous les laissât tenir. Attendez-moi sous l'orme ! » « Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

(Refrain)

Si ça n'entraîne pas une guerre civile, Quand un fâcheux me contrarie, c'est - soyons francs -
Un peu par sympathie, par courtoisie servile, Un peu par vanité d'avoir l'air tolérant,
Un peu par crainte aussi que cette grosse bête, Prise à rebrousse-poil ne sorte de ses gonds
Pour mettre à coups de poing son credo dans ma tête. « Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

(Refrain)

La morale de ma petite ritournelle, Il semble superflu de vous l'expliciter.
Elle coule de source, elle est incluse en elle : Faut choisir entre deux éventualités.
En fait d'alternative, on fait pas plus facile. Ceux qui l'aiment, parbleu, sont des esprits féconds,
Ceux qui ne l'aiment pas, de pauvres imbéciles. « Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. »

(Refrain)

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LA CHASSE AUX PAPILLONS


La                               La5+      Ré Mi7              La             Ré La Mi7
Un bon petit diable à la fleur de l'âge, La jambe légère et l'œil polisson
La                                  La5+    Ré     Mi7        La       Fa#7 Sim Mi7 La
Et la bouche pleine de joyeux ramages, Allait à la chasse aux papillons
La                               La5+      Ré Mi7              La             Ré La Mi7
Comme il atteignait l'orée du village, Filant sa quenouille, il vit Cendrillon
La                                  La5+    Ré     Mi7                       La Fa#7 Sim Mi7 La
Il lui dit : « Bonjour, que Dieu te ménage, J't'emmène à la chasse aux papillons »
La7             Ré          La7     Ré    La7              Ré             La7  Ré
Cendrillon ravie de quitter sa cage, Met sa robe neuve et ses bottillons
Fa#7                          Sim              Fa#7   Sim    Fa#m          Sol#7             Do#     Mi7
Et bras d'ssus bras d'ssous vers les frais bocages, Ils vont à la chasse aux papillons
La                                  La5+      Ré    Mi7              La             Ré La Mi7
Ils ne savaient pas que sous les ombrages, Se cachait l'amour et son aiguillon
La                                  La5+    Ré         Mi7                        La Fa#7 Sim Mi7 La
Et qu'il transperçait les cœurs de leur âge, Les cœurs des chasseurs de papillons

La                                         La5+      Ré Mi7                        La             Ré La Mi7
Quand il se fit tendre, elle lui dit : « J'présage, Qu'c'est pas dans les plis de mon cotillon
La                                  La5+    Ré     Mi7        La       Fa#7 Sim Mi7 La
Ni dans l'échancrure de mon corsage, Qu'on va à la chasse aux papillons »
La7                    Ré          La7            Ré    La7              Ré             La7  Ré
Sur sa bouche en feu qui criait : « Sois sage ! » Il posa sa bouche en guise de bâillon
Fa#7                 Sim              Fa#7   Sim    Fa#m          Sol#7             Do#     Mi7
Et c'fut l'plus charmant des remue-ménage, Qu'on ait vu d'mémoire de papillon
La                                          La5+      Ré Mi7              La             Ré La Mi7
Un volcan dans l'âme, ils r'vinrent au village, En se promettant d'aller des millions
La                                  La5+    Ré     Mi7        La       Fa#7 Sim Mi7 La
Des milliards de fois, et même davantage, Ensemble à la chasse aux papillons
La                                              La5+      Ré Mi7              La             Ré La Mi7
Mais tant qu'ils s'aimeront, tant que les nuages, Porteurs de chagrins, les épargneront
La                           La5+          Ré    Mi7                     La          Sol#
Il f'ra bon voler dans les frais bocages, Ils f'ront pas la chasse aux papillons
Ré                      La  Mi La Mi La
Pas la chasse aux papillons

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ENTRE LA RUE DIDOT ET LA RUE DE VANVES


Do                  Rém     Sol7             Do                                    Sol7     Do
Voici ce qu'il advint, jadis grosso modo, entre la rue Didot et la rue de Vanves
Fa Ré#dim             Mim      La7        Rém      Sol7           La7
Dans les années quarante où je débarquais de mon Languedo
Rém    Sol7     Do      Rém Lam Sol7 Do
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

Passait une belle gretchen, au carrefour du château, entre la rue Didot et la rue de Vanves
Callipyge à prétendre jouer les Vénus chez les Hottentots
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

En signe d'irrespect, je balance aussitôt, entre la rue Didot et la rue de Vanves
En geste de revanche une patte croche au bas de son dos
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

La souris grise se fâche, et subito presto, entre la rue Didot et la rue de Vanves
La conne la méchante va d'mander ma tête à ses p'tits poteaux
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

Deux sbires sont venus, avec leur noirs manteaux, entre la rue Didot et la rue de Vanves
Se pointer dans mon antre et sûrement pas pour m'faire de cadeaux
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

J'étais alors en train, de suer sang et eau, entre la rue Didot et la rue de Vanves
De m'user les phalanges sur un chouette accord du Père Django
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

Par un heureux hasard, ces enfants de salauds, entre la rue Didot et la rue de Vanves
Un sacré coup de chance aimaient la musique et les trémolos
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

Ils s'en sont retournés, sans finir leur boulot, entre la rue Didot et la rue de Vanves
Fredonnant un mélange de Lily Marlène et d'Heïli Heïlo
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

Une supposition, qu'ils aient comme Malreaux, entre la rue Didot et la rue de Vanves
Qu'ils aient comme ce branque compté la musique pour moins que zéro
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

M'auraient collé au mur, avec ou sans bandeau, entre la rue Didot et la rue de Vanves
On lirait quelle navrance mon blase inconnu dans un ex-voto
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

Au théâtre ce soir, ici sur ces tréteaux, entre la rue Didot et la rue de Vanves
Poussant une autre goualante y'aurait à ma place un autre cabot
Entre la rue de Vanves et la rue Didot

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GASTIBELZA (L'HOMME A LA CARABINE)


La                                        Ré           Mi7    La                                                  Ré              Mi7     La
Gastibelza, l'homme à la carabine, Chantait ainsi: « Quelqu'un a-t-il connu doña Sabine ? Quelqu'un d'ici ?
                  Fa#7                            Sim                   Do#7                   Fa#m                      Mi7                    La
Chantez, dansez, villageois ! la nuit gagne Le mont Falu... -Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou.

« Quelqu'un de vous a-t-il connu Sabine, Ma señora ? Sa mère était la vieille maugrabine D'Antequera,
Qui chaque nuit criait dans la tour Magne Comme un hibou... -Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou.

« Vraiment, la reine eût près d'elle été laide Quand, vers le soir, Elle passait sur le pont de Tolède En corset noir.
Un chapelet du temps de Charlemagne Ornait son cou... -Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou.

Le roi disait, en la voyant si belle, A son neveu : « Pour un baiser, pour un sourire d'elle, Pour un cheveu,
Infant don Ruy, je donnerais l'Espagne Et le Pérou ! Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou.

« Je ne sais pas si j'aimais cette dame, Mais je sais bien Que, pour avoir un regard de son âme, Moi, pauvre chien,
J'aurais gaîment passé dix ans au bagne Sous les verrous... -Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou.

« Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre De ce canton, Je croyais voir la belle Cléopâtre, Qui, nous dit-on,
Menait César, empereur d'Allemagne, Par le licou... -Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou.

La                        La+                  Ré      Mi7            La                          La5+                Ré     Mi7             La
« Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe. Sabine, un jour, A tout vendu, sa beauté de colombe, Tout son amour,
                      Fa#7                      Sim                    Do#7                    Fa#m                       Mi7                    La   Mi La
Pour l'anneau d'or du comte de Saldagne, Pour un bijou... -Le vent qui vient à travers la montagne M'a rendu fou.

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MARQUISE

La5+ : 003221, Mi5+ : 022110

Intro : La La5+ Ré
La                                               La5+                Ré
Marquise, si mon visage, A quelques traits un peu vieux,
Si7                                 Mi                Mi5+                   La
Souvenez-vous qu'à mon âge, Vous ne vaudrez guère mieux.
La                                               La5+                Ré
Marquise, si mon visage, A quelques traits un peu vieux,
Do#7                             Fa#m Si7                  Mi         La
Souvenez-vous qu'à mon âge, Vous ne vaudrez guère mieux.
 

Le temps aux plus belles choses, Se plaîst à faire un affront :
Et saura faner vos roses, Comme il a ridé mon front.
(bis)

Le mesme cours des planètes, Règle nos jours et nos nuits :
On a vu ce que vous estes ; Vous serez ce que je suis.
(bis)

Ré                                                           Do#7           Fa#m
Peut-être que je serai vieille, Répond Marquise, cependant
Fa#m          Sim  Mi                 La      Fa#m     Sim     Mi          La
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille, Et je t'emmerde en attendant.
La5+           Ré    Do#7            Fa#m                 Si7      Mi       La
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille, Et je t'emmerde en attendant.

fin comme intro.

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ONCLE ARCHIBALD


Do                                                                                                      Fa Sol7 Do
O vous, les arracheurs de dents, Tous les cafards, les charlatans, Les prophètes
Do7               Fa                                           Mi                  Lam         Rém Sol7 Do Rém Sol7 Do
Comptez plus sur oncle Archibald, Pour payer les violons du bal, A vos fêtes, A vos fêtes

En courant sus à un voleur, Qui venait de lui chiper l'heure, A sa montre
Oncle Archibald, coquin de sort ! Fit, de Sa Majesté la Mort, La rencontre, La rencontre

Telle une femme de petite vertu, Elle arpentait le trottoir du, Cimetière
Aguichant les hommes en troussant, Un peu plus haut qu'il n'est décent, Son suaire, Son suaire

Oncle Archibald, d'un ton gouailleur, Lui dit : « Va-t'en faire pendre ailleurs, Ton squelette
Fi ! des femelles décharnées ! Vive les belles un tantinet, Rondelettes ! Rondelettes ! »

Lors, montant sur ses grands chevaux, La Mort brandit la longue faux, D'agronome
Qu'elle serrait dans son linceul, Et faucha d'un seul coup, d'un seul, Le bonhomme, Le bonhomme

Comme il n'avait pas l'air content, Elle lui dit : « Ça fait longtemps, Que je t'aime
Et notre hymen à tous les deux, Etait prévu depuis le jour de, Ton baptême, Ton baptême

« Si tu te couches dans mes bras, Alors la vie te semblera, Plus facile
Tu y seras hors de portée, Des chiens, des loups, des hommes et des, Imbéciles, Imbéciles

« Nul n'y contestera tes droits, Tu pourras crier « Vive le roi ! » Sans intrigue
Si l'envie te prend de changer, Tu pourras crier sans danger « Vive la Ligue ! Vive la Ligue ! »

« Ton temps de dupe est révolu, Personne ne se paiera plus Sur ta bête
Les « Plaît-il, maître ? » n'auront plus cours, Plus jamais tu n'auras à cour- ber la tête -ber la tête »

Et mon oncle emboîta le pas, De la belle, qui ne semblait pas, Si féroce
Et les voilà, bras d'ssus, bras d'ssous, Les voilà partis je n'sais où, Faire leurs noces, Faire leurs noces

O vous, les arracheurs de dents, Tous les cafards, les charlatans, Les prophètes
Comptez plus sur oncle Archibald, Pour payer les violons du bal, A vos fêtes, A vos fêtes

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P... DE TOI


La                Mi        La             Mi             Ré              Mi       Ré                    Mi
En ce temps-là, je vivais dans la lune, Les bonheurs d'ici-bas m'étaient tous défendus
La                Mi                     La                 Mi                Ré     Mi            La
Je semais des violettes et chantais pour des prunes, Et tendais la patte aux chats perdus.

Refrain
La          Do#7                 Ré    Mi              La
Ah ah ah ah putain de toi, Ah ah ah ah ah pauvre de moi...

Un soir de pluie v'là qu'on gratte à ma porte, Je m'empresse d'ouvrir, sans doute un nouveau chat !
Nom de dieu l'beau félin que l'orage m'apporte, C'était toi, c'était toi, c'était toi.

Refrain

Les yeux fendus et couleur de pistache, T'as posé sur mon cœur ta patte de velours
Fort heureusement pour moi t'avais pas de moustache, Et ta vertu ne pesait pas trop lourd.

Refrain

Aux quatre coins de ma vie de bohème, T'as prom'né, t'as prom'né le feu de tes vingt ans.
Et pour moi, pour mes chats, pour mes fleurs, mes poèmes, C'était toi la pluie et le beau temps...

Refrain

Mais le temps passe et fauche à l'aveuglette. Notre amour mûrissait à peine que déjà,
Tu brûlais mes chansons, crachais sur mes viollettes, Et faisais des misères à mes chats.

Refrain

Le comble enfin, misérable salope, Comme il n'restait plus rien dans le garde-manger,
T'as couru sans vergogne, et pour une escalope, Te jeter dans le lit du boucher.

Refrain

C'était fini, t'avais passé les bornes. Et, r'nonçant aux amours frivoles d'ici-bas,
J'suis r'monté dans la lune en emportant mes cornes, Mes chansons, et mes fleurs, et mes chats.

Refrain

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LE PETIT CHEVAL


La                                Ré        La                                       Fa#m Mi
Le petit cheval dans le mauvais temps, Qu'il avait donc du courage
La                   Ré        La                                       Fa#m Mi
C'était un petit cheval blanc, Tous derrière, tous derrière,
La                   Ré        La                                Fa#m Mi La
C'était un petit cheval blanc, Tous derrière et lui devant

Il n'y avait jamais de beau temps, Dans ce pauvre paysage
Il n'y avait jamais de printemps, Ni derrière, ni derrière
Il n'y avait jamais de printemps, Ni derrière ni devant

Mais toujours il était content, Menant les gars du village
A travers la pluie noire des champs, Tous derrière, tous derrière
A travers la pluie noire des champs, Tous derrière et lui devant

Sa voiture allait poursuivant, Sa belle petite queue sauvage
C'est alors qu'il était content, Tous derrière, tous derrière
C'est alors qu'il était content, Tous derrière et lui devant

Mais un jour, dans le mauvais temps, Un jour qu'il était si sage
Il est mort par un éclair blanc, Tous derrière, tous derrière
Il est mort par un éclair blanc, Tous derrière et lui devant

Il est mort sans voir le beau temps, Qu'il avait donc du courage
Il est mort sans voir le printemps, Ni derrière, ni derrière
Il est mort sans voir le beau temps, Ni derrière ni devant

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RIEN A JETER


Mim                           La7           Ré           Mi7 La7 Mim          La7      Ré                         Mi7    La7
Sans ces cheveux qui volent, J'aurais, dorénavant, Des difficultés folles, A voir d'où vient le vent.
Ré                         Fa#7           Sol  Fa#7 Sim                           Mi7 La7 Ré   Si7
Tout est bon chez elle, y a rien à jeter, Sur l'île déserte il faut tout emporter.

Je me demande comme, Subsister sans ses joues ,M'offrant deux belles pommes, Nouvelles chaque jour.
Tout est bon chez elle, y a rien à jeter, Sur l'île déserte il faut tout emporter.

Sans sa gorge, ma tête, Dépourvue de coussin, Reposerait par terre, Et rien n'est plus malsain.
Tout est bon chez elle, y a rien à jeter, Sur l'île déserte il faut tout emporter.

Sans ses hanches solides, Comment faire, demain, Si je perds l'équilibre, Pour accrocher mes mains ?
Tout est bon chez elle, y a rien à jeter, Sur l'île déserte il faut tout emporter.

Elle a mille autre choses, Précieuses encore, Mais en spectacle, j'ose, Pas donner tout son corps.
Tout est bon chez elle, y a rien à jeter, Sur l'île déserte il faut tout emporter.

Des charmes de ma mie, J'en passe et des meilleurs. Vos cours d'anatomie, Allez les prendre ailleurs.
Tout est bon chez elle, y a rien à jeter, Sur l'île déserte il faut tout emporter.

D'ailleurs, c'est sa faiblesse, Elle tient à ses os, Et jamais ne se laisse-rait couper en morceaux.
Tout est bon chez elle, y a rien à jeter, Sur l'île déserte il faut tout emporter.

Elle est quelque peu fière, Et chatouilleuse assez, Et l'on doit tout entière, La prendre ou la laisser.
Tout est bon chez elle, y a rien à jeter, Sur l'île déserte il faut tout emporter.

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LE VENT


              Lam                        Fa                       Mi7                                                 Lam
Si, par hasard, Sur l'Pont des Arts, Tu croises le vent, le vent fripon, Prudence, prends garde à ton jupon
              Lam                        Fa                       Mi7                                                 Lam
Si, par hasard, Sur l'Pont des Arts, Tu croises le vent, le vent maraud, Prudent, prends garde à ton chapeau

Lam                                                                                     Rém                   Lam                     Rém                   Lam Mi7
Les jean-foutre et les gens probes, Médisent du vent furibond, Qui rebrousse les bois, détrousse les toits, retrousse les robes
Lam                                                                                          Rém                  Lam                    Si7              Mi7
Des jean-foutre et des gens probes, Le vent, je vous en réponds, S'en soucie, et c'est justice, comme de colin-tampon

              Lam                        Fa                       Mi7                                                 Lam
Si, par hasard, Sur l'Pont des Arts, Tu croises le vent, le vent fripon, Prudence, prends garde à ton jupon
              Lam                        Fa                       Mi7                                                 Lam
Si, par hasard, Sur l'Pont des Arts, Tu croises le vent, le vent maraud, Prudent, prends garde à ton chapeau

Lam                                                                                     Rém                   Lam                     Rém                   Lam Mi7
Bien sûr, si l'on ne se fonde, Que sur ce qui saute aux yeux, Le vent semble une brute raffolant de nuire à tout l'monde
Lam                                                                                          Rém                  Lam                    Si7              Mi7
Mais une attention profonde, Prouve que c'est chez les fâcheux, Qu'il préfère choisir les victimes de ses petits jeux

              Lam                        Fa                       Mi7                                                 Lam
Si, par hasard, Sur l'Pont des Arts, Tu croises le vent, le vent fripon, Prudence, prends garde à ton jupon
              Lam                        Fa                       Mi7                                                 Lam
Si, par hasard, Sur l'Pont des Arts, Tu croises le vent, le vent maraud, Prudent, prends garde à ton chapeau

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GRAND-PÈRE


Sim                        Mim            La7                     Ré
Grand-Père suivait en chantant, La route qui mène à cent ans
Sim                    Mim               Fa#7      Sim
La mort lui fit au coin du bois, L'coup du père François.
                          Mim           La7                      Ré
L'avait donné de son vivant, Tant de bonheur à ses enfants
Sim                          Mim         Fa#7      Sim
Qu'on fit pour lui en savoir gré, Tout pour l'enterrer.
Si7                                          Mim
Et l'on courut à toutes jambes, Quérir une bière mais
                    Sim                                                      Mi7             La7
Comme on était léger d'argent, Le marchand nous reçut à bras fermés.

Refrain
Ré                                                                                                        Si7              Mim
« Chez l'épicier, pas d'argent pas d'épices, Chez la belle Suzon, pas d'argent pas de cuisses
                              Fa#7 Sim         Mim    Fa#7        Sim Fa#7 Sim
Les morts de basse condition, C'est pas de ma juridiction ! »

La7
Or, j'avais hérité d'Grand-Père, Une paire de bottes pointues
S'il y a des coups d'pied que'qu'part qui s'perdent, C'lui-là toucha son but !
La7   Ré
C'est depuis ce temps-là que le bon apôtre (Bis)
La7          Ré        La7          Ré         La7   Ré                           Mim La7 Ré
Ah ! c'est pas joli, Ah ! c'est pas poli, A une fesse qui dit merde à l'autre
La7                 Ré               Mim    Fa#7     Si7
Bon papa, Ne t'en fais pas, Nous en viendrons,
Mim    La7             Ré    Sim    Mim    La7     Ré Fa#7
A bout de tous ces empêcheurs d'enterrer en rond.

Le mieux à faire et le plus court, Pour qu'l'enterrement suivit son cours
Fut de borner nos prétentions, À une bière d'occasion.

Contre un pot de miel on acquit, Les quatre planches d'un mort qui
Rêvait d'offrir quelques douceurs, À une âme sœur.

Et l'on courut à toutes jambes, Quérir un corbillard mais
Comme on était légers d'argent, Le marchand nous reçut à bras fermés.

Au refrain

Ma botte partit mais je m'refuse, De dire vers quel endroit
Ça rendrait les dames confuses, Et je n'en ai pas le droit

C'est depuis ce temps-là que le bon apôtre (Bis)
Ah ! c'est pas joli, Ah ! c'est pas poli, A une fesse qui dit merde à l'autre

Bon papa, Ne t'en fais pas, Nous en viendrons
À bout de tous ces empêcheurs d'enterrer en rond.

Le mieux à faire et le plus court, Pour qu'l'enterrement suivit son cours
Fut de porter sur notre dos, L'funèbre fardeau

S'il eût pu revivre un instant, Grand-Père aurait été content
D'aller à sa dernière demeure, Comme un empereur

Et l'on courut à toutes jambes, Quérir un goupillon mais
Comme on était légers d'argent, Le marchand nous reçut à bras fermés.

Au refrain

Avant même que le vicaire, Ait pu lâcher un cri
J'lui bottai l'cul au nom du Père, Du Fils, et du Saint-Esprit

C'est depuis ce temps-là que le bon apôtre (Bis),
Ah ! c'est pas joli, Ah ! c'est pas poli, A une fesse qui dit merde à l'autre

Bon papa, Ne t'en fais pas, Nous en viendrons
À bout de tous ces empêcheurs d'enterrer en rond. (Bis)

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LE TEMPS NE FAIT RIEN A L'AFFAIRE


Lam                     Sol                               Fa    Mi     Lam
Quand ils sont tout neufs, qu'ils sortent de l'œuf, du cocon
Lam                           Sol                               Fa    Sol7         Do Mi
Tout les jeunes blancs-becs prennent les vieux mecs pour des cons
Lam                     Sol                     Fa    Mi     Lam
Quand ils sont dev'nus des têtes chenues, des grisons
Lam                       Sol                           Fa   Mim        Lam
Tous les vieux fourneaux prennent les jeunots pour des cons
La7                                     Rém                      Sol7              Do Rém6 Mi
Moi, qui balance entre deux âges, j'leur adresse à tous un message

Refrain :
La                                                                Fa#7        Sim
Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con on est con
Sim                                                                             Mi   Mi5+  La
Qu'on ait vingt ans qu'on soit grand père, quand on est con on est con
La                                                         La7 La5+            Ré
Entre nous plus de controverse, cons caducs ou cons débutants
Ré          Rém6    La              Sim                                  Do#
Petits cons d'la dernière averse, vieux cons des neiges d'antan
Ré           Rém6   La     Fa#7 Sim                 Mi7           Lam (La Mi7 La à la fin)
Petits cons d'la dernière averse, vieux cons des neiges d'antan

Lam                      Sol                        Fa      Mi           Lam
Vous, les cons naissants, les cons innocents, les jeunes cons
Lam              Sol                    Fa    Sol7         Do Mi
Qui, n'le niez pas, prenez les papas pour des cons
Lam                   Sol                   Fa    Mi     Lam
Vous, les cons âgés, les cons usagés, les vieux cons
Lam                 Sol                         Fa   Mim        Lam
Qui, confessez-le, prenez les p'tits bleus pour des cons
La7                          Rém                      Sol7                 Do Rém6 Mi
Méditez l'impartial message, d'un qui balance entre deux âges

Refrain

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