LES RICOCHETS


Paroles & Musique : Georges Brassens

 

RéO : xx0101 xx3434 xx6767

Lam / Mi7 en alternance
J'avais dix-huit ans Tout juste et quittant Ma ville natale,
                                                                                 La7
Un beau jour, ô gué Je vins débarquer Dans la capitale
La7 / Rém en alternance
J'entrai pas aux cris D' « A nous deux Paris » En Ile-de-France
                                                       RéO                       Do Mi7 Lam Fa Mi7 Lam
Que ton Rastignac N'ait cure, ô Balzac ! De ma concurrence (bis)

Gens en place, dormez Sans vous alarmer, Rien ne vous menace
Ce n'est qu'un jeune sot Qui monte à l'assaut Du p'tit Montparnasse
On sétonnera pas Si mes premiers pas Tout droit me menèrent
Au pont Mirabeau Pour un coup de chapeau A l'Apollinaire (bis)

Bec enfariné Pouvais-je deviner Le remue-ménage
Que dans mon destin Causerait soudain Ce pèlerinage ?
Que circonvenu Mon cœur ingénu Allait faire des siennes
Tomber amoureux De sa toute pre-mière Parisienne.(bis)

N'anticipons pas, Sur la berge en bas Tout contre une pile,
La belle tâchait D'faire des ricochets D'une main malhabile
Moi, dans ce temps-là Je n'dis pas cela En bombant le torse,
L'air avantageux J'étais à ce jeu De première force. (bis)

Tu m'donnes un baiser, Ai-je proposé A la demoiselle ;
Et moi, sans retard J't'apprends de cet art Toutes les ficelles.
Affaire conclue, En une heure elle eut, L'adresse requise.
En échange, moi J'cueillis plein d'émoi Ses lèvres exquises. (bis)

Et durant un temps, Les journaux d'antan D'ailleurs le relatent,
Fallait se lever Matin pour trouver Une pierre plate.
On redessina Du pont d'Iéna Au pont Alexandre
Jusqu'à Saint-Michel, Mais à notre échelle, La carte du tendre. (bis)

Mais c'était trop beau : Au pont Mirabeau La belle volage
Un jour se perchait Sur un ricochet Et gagnait le large.
Elle me fit faux bond Pour un vieux barbon, La petite ingrate,
Un Crésus vivant Détail aggravant Sur la rive droite. (bis)

J'en pleurai pas mal, Le flux lacrymal Me fit la quinzaine.
Au viaduc d'Auteuil Parait qu'a vue d'œil Grossissait la Seine.
Et si, pont d'l'Alma, J'ai pas noyé ma Détresse ineffable,
C'est qu'l'eau coulant sous Les pieds du zouzou Était imbuvable. (bis)

Et qu'j'avais acquis Cette conviction qui Du reste me navre
Que mort ou vivant Ce n'est pas souvent Qu'on arrive au havre.
Nous attristons pas, Allons de ce pas Donner, débonnaires,
Au pont Mirabeau Un coup de chapeau A l'Apollinaire. (bis)

 

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